La Pose Longue en argentique (et en couleur)

Qu’est-ce que la pose longue ?

Commençons par la base de la base : on appelle “pose longue” une photographie dont le temps de pose est plus élevé que la normale : en général, au delà de ce qu’on pourrait faire sans trépied à main levé, à partir du 1/4e de seconde jusqu’à plusieurs heures.

La pose longue se pratique en général avec un trépied, voire un déclencheur souple ou une télécommande pour limiter les vibrations et le flou de bougé provoqué par la manipulation de l’appareil. Mais un muret, une chaise, ou n’importe quel endroit ou poser ton appareil peut faire l’affaire. De la même manière, on peut remplacer l’usage d’un déclencheur souple par l’utilisation du retardateur de l’appareil. 

Pourquoi la pose longue ?

Il y a deux raisons de pratiquer la pose longue : Soit, il fait nuit, et prolonger le temps de pose permettra d’exposer correctement la pellicule, soit on est à la recherche d’un effet esthétique particulier (et l’on utilise alors  en journée des filtres de densité neutre pour réduire la quantité de lumière qui arrive sur la pellicule. 

Dans les défis de la BOX de décembre, je t’évoquais la pose longue pour tes photographie nocturne : Utiliser cette technique en photographie de nuit donne des résultat très particulier,  et permet de retransmettre le sentiment particulier des ambiances nocturne. En effet, comme le temps de pose est long, les lumières environnante s’imprimeront différemment sur la pellicule qu’avec une pose rapide classique : Des halo peuvent apparaître, et les ambiances colorés se diffuse globalement sur l’image. Une technique utilisé par le photographe américain Todd Hido pour sa série Home at Nights

Todd Hodo joue également avec les différentes températures de couleurs, entre bleu nocturne et orange de nos éclairage tungstène, pour recréer le sentiment d’étrangeté d’un balade nocturne solitaire. Cela donne un aspect mystérieux aux images : le spectateur sait qu’il y a de la vie dans les maison, simplement évoquée par la présence des lumière, mais il n’a que son imagination pour essayer de deviner ce qu’il s’y passe. 

La pose longue en pratique

Pour réaliser un pose longue, il te faut :

  • Un trépied, ou un endroit stable ou poser ton appareil
  • Un déclencheur souple, ou utiliser la fonction retardateur de ton appareil. Le déclencheur souple reste pratique pour travailler sur des poses très longue avec le mode BULB
  • Un moyen de calculer ton exposition (L’application LightMeter peut faire le job pour des pose longue assez courte si tu n’as pas de posemètre). Tu peux aussi utiliser un appareil numérique comme cellule pour reporter les temps d’exposition qu’il te donnera. Autrement, tu peux faire comme moi, et essayer au pif quand tu sors de la mesure de ta cellule (résultats forcément aléatoires, mais parfois surprenants)
La table de compensation pour la Fuji Pro400H

En argentique, une difficulté supplémentaire se pose à toi : Le film est fabriqué de tel manière que, lorsque le temps de pose est long, il perd en sensibilité. Il faut donc corriger ton exposition pour des pose de plusieurs secondes.

Fuji recommande ici d’ajouter 1/2 diaphragme pour des pose de plus de 1 à 4 seconde : En pratique, si la cellule t’indique 1 seconde de temps, il faudra exposer pendant 1 seconde et demi pour avoir une exposition correcte. Puis, au delà de 4 seconde et jusqu’à 16 seconde, une surexposition d’un diaph entier. Au delà, c’est l’inconnu (et le début de l’expérimentation Lomographique) ! Arriver à une exposition correcte demandera un peu de pratique, mais rassure toi, tu dispose quand même d’une certaine marge de manoeuvre : Tu aura malgré tout une image même sans appliquer de compensation d’exposition !

En bref

En photo de nuit, la pose longue à deux avantage : te permettre d’exposer correctement tes photos, et obtenir un rendu esthétique particulier et différent. La pose longue va aussi gommer les mouvement de l’environnement, créer des effets de flous et de filé sur les sujets et les lumières en mouvement.

Une pose d’une seconde au dessus d’un pont routier

C’est une pratique qui demande un peu de temps, et de patience, et de rigueur si l’on veut atteindre le résultat parfait. Si tu y vas au hasard, n’hésite pas à faire plusieurs expositions d’un même sujet, avec des temps de pose légèrement différents pour maximiser tes chances d’une bonne image !

Comme Todd Hodo, repère les sources lumineuse dans ton cadres : en pose longue, elle diffuseront leur lumière aux travers de ton images, créeront des halos lumineux et donneront la teinte et l’ambiance globale de ton image. C’est aussi ce qui s’imprimera le plus rapidement sur le film : plus l’exposition sera longue, plus les lumières seront fortes, se diffuseront dans les parties sombres de l’image. La difficulté de la pose longue sera de balancer le temps d’exposition pour trouver le bon équilibre entre ombre et lumière. 

Si tu veux te lancer directement sur film te semble compliqué, et que tu possèdes un appareil numérique, tu peux tricher un peu en faisant quelques test avant de te lancer surla pellicule, ou t’en servir de cellule pour calculer ton temps d’exposition : Les appareils numériques peuvent en général calculer des temps de pose jusqu’à 30 secondes avec leur cellule intégrée.