Si tu veux donner des frissons d’excitation à un photographe, il suffit de lui murmurer deux mots à l’oreille « Moyen format »
Le moyen format, ce sont ces appareil argentique ou numérique qui dépassent le classique « full frame », c’est l’assurance d’un rendu unique, original et inimitable. De mon côté, la majorité de mon travail de portrait professionnel est réalisé au moyen format argentique pour le rendu unique et inimitable permis par ces appareil.
Récemment cependant, j’ai investi dans un moyen format numérique, dans l’espoir de retrouver cette magie du moyen format argentique dans un boitier offrant le confort numérique.
Cette séance photo avec Mathilde et Cyril, c’était l’occasion de faire s’affronter les deux formats. Sans vouloir rentrer dans le débat argentique vs numérique, il s’agissait plutôt pour moi de voir comment les deux types d’appareils pouvaient se compléter dans une séance photo, et de comparer les avantages et les défauts de chacun des formats sur le terrain, au calme.
Pour cette comparaison, j’ai donc d’un côté mon Fuji GFX 100s, un moyen format numérique 33×44 de 102 Mégapixel, et le légendaire Pentax 67, un argentique au format 6×7 centimètre.
Concernant l’ambiance de la séance, j’avais choisi comme cadre le quartier d’Euralille : L’idée était de mêler portrait et architecture, et d’utiliser la grande définition à la fois du MF numérique comme argentique pour créer des jeux d’échelle, sans jamais perdre nos sujet dans l’environnement.
La Qualité d’image.
Le premier constat, c’est qu’en terme de définition pure, les deux formats se valent, sachant qu’ici le film utilisé été la Kodak Gold, qui n’est pas le plus défini. En tête à tête avec une Portra 160, la qualité d’image et la définition finale est exceptionnelle dans les deux format.
Les images argentique présente une douceur et une dynamique différente, simplement parce qu’elles sont prises sur pellicule.


Les images en noir et blanc en argentique garde ce rendu unique qu’il est vraiment difficile de reproduire en numérique, même si les fichier du GFX sont parmi les plus facile à éditer que j’ai pu rencontrer dans ma carrière de photographe.
On est ici pour moi sur une belle égalité entre les format.
Le « Bokeh » et la séparation du sujet.
Sur le papier, le format 6×7 l’emporte forcément : du fait de la taille du film (6 par 7 centimère pour 3,3 sur 4,4 pour le numérique), le Pentax aurait du l’emporter sans soucis.
Mais voilà : Avec les conditions lumineuses, et la limitation de l’appareil au 1/1000, difficile d’ouvrir au maximum les optiques du Pentax pour bénéficier du magnifique bokeh du 6×7… La ou le Fuji déclenche jusqu’au 1/4000 en obturateur mécanique et encore plus haut en électronique.
Combiné avec le Eureka 50mm f/2 de Typoch, et l’on a un très joli bokeh de caractère sur le numérique.
Fuji GFX 100s






Cependant les conditions n’était pas en faveur du Pentax, et mon problème aurait pu être résolu avec un simple filtre ND.
Pentax 67



Les avantages sur le terrain.
Sur le Papier, le numérique a tous les avantages moderne : L’autofocus notamment, même si moins véloce que la plupart des appareil numérique moderne, est extrêmement pratique pour gérer le mouvement, là ou la mise au point manuelle du Pentax, couplé à sa faible profondeur de champs, oblige à des poses plus figés. Le numérique permet aussi un nombre illimité d’image, et la multiplication des poses.
Cependant, ce qui peut apparaître au départ comme des forces peuvent être aussi un défaut.
Sur ce shoot, j’ai pris énormément d’image, là où, sur une 100% séance argentique, j’aurais garder les même composions, mais pris une seul ou deux images maximum. SI cette abondance a permis du choix, elle a aussi causé beaucoup de répétition, avec des poses quasi identiques.
L’usage du numérique m’a rendu un peu moins intentionnel, parce que j’avais la sécurité de la multiplicité des images. Et quand la grande partie des images sont bonnes techniquement, il est difficile de les écarter ensuite de de faire un choix entre deux bonnes images.
C’est quelque chose que je n’avais pas vu venir en commençant la séance, et qui m’a frappé lors de l’édition des photos. Je me suis aussi souvent retrouvé avec simplement un doublon argentique de bonne photo numérique, ce qui, au delà de faire une comparaison d’image pour arriver à la conclusion qu’elles ont un rendu légèrement différent, n’a aucun intérêt.
En conclusion
Avoir accès à ces deux formats est exceptionnel : c’est réellement must du must dans chacun de leur domaine respectifs.
Cependant, utiliser les avantages et gérer les inconvénient de chaque format sur une même séance va me demander un peu de pratique et reflexion : Limiter le numérique au mouvement ? Garder le 6×7 lorsque je peut réellement bénéficier des avantage du format en terme de profondeur de champ ?
Une chose est sur, transposer l’intentionnalité forcée par l’utilisation d’un appareil argentique qui impose des limite à un appareil numérique très permissif n’est pas facile et demande un certain effort.
L’expérience était malgré tout intéressante, et a achevé de mon convaincre sur la qualité des images que l’on peut sortir de ces deux appareils, au delà des considérations techniques et des guerres de clocher. Ce sont deux appareils exceptionnels, qui présentent chacun des qualités et des défauts.
J’espère que toi aussi tu aura trouver cette petite comparaison enrichissante, je te dis, à la prochaine et d’ici là, bonne photo !