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L’argentique noir et blanc en positif – Kit Adox Scala

En ce début d'année 2021, il ne m'était pas facile de trouver la motivation créative, j'était comme atteint d'une sorte de lassitude photographique. Cela va bientôt faire 5 ans que j'ai fait de la photo argentique mon quotidien. Et pourtant, je suis très loin d'en avoir exploré chaque recoins. J'ai donc décidé que 2021 serait une expédition dans ces recoins, à commencer aujourd'hui par le développement positif en noir et blanc.
L’argentique noir et blanc en positif – Kit  Adox Scala
Baptiste EMGK
Photographe argentique et créateur de contenu. L’esprit malade derrière Box Argentique.

Tous film noir et blanc peut se développer de deux manière : En négatif, comme c’est le cas le plus souvent, mais aussi en positif, pour avoir une image directement sur le film. Cependant, certains films sont plus adaptés que d’autres : il faudra privilégier les film basse sensibiltié sur base transparente pour avoir les meilleurs résultat.

De mon côté, je me suis laissé tenté par la Scala 50, qui a le bon goût de ne pas coûter trop cher, et du kit de développement du même nom.

Au niveau de la prise de vue, rien ne change, par rapport à un procédé classique, c’est simplement le développement qui est un peu différent.

Pour le développement, je vais utiliser le kit Adox Scala. Dans la boite, un sachet de poudre pour préparer le « clear bath » et deux bouteille : Une pour la solution de révélation, et l’autre pour la solution de blanchiment, qui sont les deux produits principaux de ce procédé. On trouve également une notice avec les instructions détaillées pour développer les Scala 50 et 160. Les produit du kit, comme tous les produit de développement, sont toxiques et irritants, il est donc important de travailler dans un espace aéré et de se protéger en conséquence avant toute manipulation.

La préparation des solution de travail est simplissime : Pour le révélateur et le blanchiment, ce sont des dilution à 1+1, un volume de chimie pour 1 volume d’eau. Pour un film dans ma cuve Paterson, ça fait donc 150ml d’eau pour 150ml de chimie. Le Clear Bath se prépare simplement en diluant la poudre dans 2l d’eau, et s’utilise tel quel pendant le développement.

On commence le process par un bain de développement, à 20 degrés, pour une durée de 14 minutes (pour la Scala 50). La température et la durée sont importante pour un bon développement. De même, il faut agiter la cuve pendant une minute au début du process, puis dix seconde toutes les minutes. N’oublie pas également de tapoter la cuve sur la table pour éviter les bulles d’airs.

Une fois ce bain terminé, on vide la cuve en conservant le révélateur, c’est très important parce qu’il va resservir plus tard…

S’en suit un long rinçage de deux minutes, et l’on enchaine avec le Blanchiment pendant 4 minutes : Pendant ce bain, l’agitation est critique : Elle doit être régulière, pas trop forte sans être trop faible. De mon côté, j’ai procédé par des retournements lents toutes les 45 secondes environs. S’en suit un nouveau rinçage, jusqu’à ce que l’eau de la cuve ressorte sans trace de rose, puis le bain de clarification, suivi, tu l’auras deviné, d’un long rinçage. Ouais, c’est pas tellement un procédé qui va améliorer ta facture d’eau.

Jusque là, rien de très original ou de compliqué. C’est maintenant que le processus se complique : Il va falloir réexposer le film à la lumière, en plein milieu du développement !

Cette réexposition doit avoir lieu à l’abris de la lumière directe du soleil. On va donc dans une pièce sombre, on ouvre le cuve, et on place sa spire dans un récipient cylindrique rempli d’eau. Puis on approche le récipient de la lumière, l’idéal étant un lampe incandescente de 100-150Watt, ou équivalent LED, à un cinquantaine de cm de distance. On expose une partie de la spire pendant 2 minute, puis, on la retourne, et on expose le reste pour deux minutes également.

C’est étrange d’observer le film pendant cette étape : Il est entièrement blanc, avec seulement quelques contour noir. La réexposition faites, on replace le film dans sa cuve, que l’on referme, et l’on vient à nouveau le développer, avec le bain de révélation du départ, pendant 6 minutes.

Les dernières étapes sont celles d’un développement classique : Rinçage, puis un cours fixage à la plus petite dilution dans le cas d’un fixateur rapide, un dernier rinçage avec une goutte d’agent mouillant…

Et voilà !

Comment ça marche :

Ce n’est pas de la magie, c’est de la science !

Lorsque tu vas prendre tes photos, les cristaux de bromure d’argent vont réagir et de transformer en ion d’argent, c’est le procédé normal de la photo argentique. Dans un processus de développement classique, le révélateur transforme ces ions d’argent en argent métallique : Cela donne des zones dense, sombre, qui correspondant en négatifs aux zones les plus exposé dans ta photos. Le bain de fixateur vient ensuite évacuer les ions qui n’ont pas réagit, ces zones deviennent transparente, et correspondent aux zones les moins exposée en négatifs.

Après inversion du négatif, tu as une image positif.

Dans le procédé inversible, le prémisse est le même : Tu prend ta photo, le bromure d’argent réagit et se transforme en ion. Puis, le bain de révélateur transforme ses ions en argent métallique. C’est au moment du blanchiment que tout change : Au lieu éliminer les cristaux d’argent qui n’ont pas réagit, le blanchiment évacue les cristaux qui ont réagit (que l’on vient juste de révélé, et qui correspondent aux zones claire de l’image) : Le film devient plus ou moins transparent à ces endroit, selon la lumière qu’il a reçu donnant un positif de tes zones claires. Lors de la réexposition, on fait réagir tous les cristaux de bromure qui n’ont pas réagit lorsque tu as pris ta photo., puis, on les transforme en argent solide lors du seconde développement, ce qui donne des zones sombres sur le films : Tes ombres apparaissent, et tu as un film positif !

Toute cette technique, c’est bien joli, mais le plus important, ça reste les photos !

Et personnellement, je trouve que le procédé en vaut la chandelle : Simplement posée sur une table lumineuse, ou au travers une fenêtre, il y a quelque chose de magique à avoir ces images directement sur le film. Les photos sont riche, pleine de détails, et la latitude d’exposition reste très bonne, bien plus importante qu’avec le procédé positif couleur.

Il est toujours difficile de scanner des positif : Contrairement au négatif, qui n’est qu’une étape intermédiaire de la photo, dans le cas d’un positif, je cherche à rester au plus proche du rendu sur le film. C’est également plus difficile pour le scanner de sortir tous les détails; les hautes lumière étant transparentes, et parfois difficile à récupérer.

Pour palier à tout ça, j’ai scanné mes bandes de diapo avec un RPS 10M, et la fonction double expo du logiciel Silverfast pour récupérer un maximum de détail. J’ai ensuite effectué, quand c’était nécessaire, les ajustement qu’il fallait sous lightroom.

Quand le positif de départ est bien exposé, il n’y a quasiment rien à faire, si ce n’est ajouter un peu de contraste pour récupérer ce qui a été mangé par le scanner. Sur ceux dont l’exposition est plus hasardeuse, il y un peu plus de boulot, mais dans l’ensemble, on récupère assez facilement des images, même dans les cas de gros ratage.

Je suis en plus très content des images de la sortie, au niveau des compositions : Le contraste et la gamme de gris du film a parfaitement rendu l’ambiance que je voulais donner aux images.

Au delà des images de la sortie, j’avais fait deux autres rouleau dans mon Canon FTb QL, bien moins précis dans son exposition. Ce sont des photos plus du quotidien, dans des éclairages divers : il y a là encore quelques ratés, mais aussi de très belles images : Le grain reste très fin et il y a une bonne définition.

J’aime particulièrement la douceur des ombres du film.

De mon côte, j’ai eu quelques soucis qui on abimés des images, certainement au moment du blanchiment ou l’agitation est critique.

Ce fut une sacré aventure ! Mais c’est ce que j’aime avec l’argentique, plus on progresse, plus on découvre des procédés et des techniques uniques, qui permette de créer des objet photographique impossible à reproduire en numérique : C’est clairement le cas avec ce kit de développement pour les pellicule noir et blanc. Si l’exposition ne demande pas plus de précaution qu’avec un procédé classique, le développement demande pas mal d’organisation et de rigueur, et je te conseillerais d’avoir quand même un peu de bouteille avant de te lancer dans le procédé. Sache d’ailleurs que toutes les pellicules noir et blanc peuvent être inversées, mais certaines donneront de meilleurs résultat que d’autres, tu en trouveras la liste en description.

Procédé technique mis à part, prendre le temps de tester ces quatre rouleau de scala et leur kit m’a vraiment reboosté en ce début d’année 2021, où je n’était pas au meilleur de ma forme créativement parlant. C’est ça aussi, pour moi, la beauté de l’argentique ; il y a toujours de nouvelle chose à apprendre, de nouveau chemins à explorer pour créer des images toujours différentes.

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