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Pourquoi l’argentique coûte-t-il cher ?

Aujourd'hui, on parle argentique et budget : Depuis deux ans, le coût de la pratique argentique ne fait que monter. Pourquoi ?
Pourquoi l’argentique coûte-t-il cher ?
Baptiste EMGK
Photographe argentique et créateur de contenu. L’esprit malade derrière Box Argentique.

Soyons honnête : Faire de la photo argentique aujourd’hui, c’est un budget. A Box Argentique, nous brassons de la pellicule, et, depuis 2 ans, le prix de certaines référence à bondi de presque de 45% ! Mais pourquoi donc ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser que tout ce que je vais dire dans cette vidéo sont des conjectures sur le marché des appareil photo et de la pellicule : Je n’ai pas beaucoup plus d’infos que n’importe qui sur les tenants de la production du film, du plan de Kodak pour faire de la pellicule un bien de luxe ou de celui de Fuji pour enterrer une bonne fois pour toute cette bonne vieille pellicule, mais on va tenter quand même de comprendre ce qui peut bien se passer.

Le constat.

On va partir d’un constat simple :

Quand j’ai commencé l’argentique il y presque 4 ans, j’ai acheté mon Canon A1 et son 28mm 2.8 pour 110€, chez un vendeur Ebay vérifié. A l’époque, c’était un tarif plutôt haut pour ce boitier, qui se vend aujourd’hui plutôt autour de 200€ dans les même réseaux, voire autour de 300€ avec une garantie en boutique. C’est un exemple parmi d’autre, mais tous les prix des boitiers ont quasiement doublé, voire triplé en quatre ans, sur de nombreuses références.

Une Kodak Coloplus coutâit entre 3€ et 4€, et on trouvait facilement de la Fuji C200 ou de la Agfa 200 pour 2.5€ à 3.50. Un Kodak Portra se négociait entre 7€ et 9€ en 35mm.

Pas plus tard qu’hier, je regardais les prix de ces même pellicule aujourd’hui dans les rayonnages de mon labo : La ColorPus est à 4.90€ en 36 pose, la C200 est à 5.50€ et la Portra à 12.60€ le rouleau ! Sans compter le coût du développement, qui est passé de 6€ à 8€ en quatre ans.

Cette hause ne concerne pas uniquement mon labo, mais l’ensemble des revendeurs (même les plus gros) et des laboratoire : Tous les coût liés à l’argentique ont quasi doublé en 4 ans.

Les raisons

Concernant les appareils, les raisons de la flambée des prix sont multiples :La première est la bête loi de l’offre et de la demande : La demande en appareil argentique augmente, mais l’offre, elle reste stable, voire diminue (des appareils cassent, ne sont pas réparable ect… il y a chaque jour un peu moins d’appareil argentique dans le monde)

Cependant, il y a aussi un gros facteur de « hype » sur certains modèle (comme le AE1, le A1, voire des modèle plus luxueux comme les Contax) parfois sans raison : Les MJu II d’Olympus, qui se vendaient 99€ neuf à leur sortie, ont atteint des prix délirants pour des point & shoot électroniques voués à tomber en panne, sans espoir de réparation.

Globalement, certains vendeurs jouent aussi la carte de la rareté sur des appareils qui ont été produit à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires : Il y a encore largement assez d’appareils argentiques en circulation pour contenter tous les monde, même les plus gros collectionneurs et accumulateurs qui s’arrogent parfois une grosse part du gâteau.

Sur des modèles plus précis ou plus rares, cette hausse s’explique plus facilement : Prenons, par exemple, un appareil comme le Pentax 6×7 : Produit au départ pour les pro et les riches amateur, c’est un boitier moins courants qu’un bête AE1 Program, il en existe moins d’exemplaire. Aussi, comme ce sont des appareil de professionnel, nombreux sont les modèles qui ont déjà vécu un belle vie, et nécessite un soin tout particulier. C’est d’ailleurs dans le moyen format que les prix ont le plus augmenté : Le Mamiya 645, ses deux dos, son 80mm et sa poignée motorisée que j’avais acheté dans les 400€ il y a trois ans me coûterais aujourd’hui autour de 850€, voire plus, pour un appareil dans le même état.

Relativisons tous de même : Tout ces appareils coûtent toujours bien moins cher qu’a leur sortie. J’avais été surpris, en calculant combien coûterait, ajusté pour l’inflation, un Canon A1 aujourd’hui, à partir de son prix de sortie au japon : ON était tous de même sur un bon 2000€, soit l’équivalent d’un plein format numérique très haut de gamme aujourd’hui.

Mais passons au point qui fâche le plus. Pourquoi diable Kodak ne cesse-t-il d’augmenter le prix de ces foutus peloches ?Cela fait deux ans que Kodak augmente le prix de ses pellicule entre 20 % et 40% selon les références. On le sait moins, mais les tarifs de leur chimie (utilisée par de nombreux labo) également augmentés, ce qui explique la hausse du coût du développement chez de nombreux prestataires. Avant eux, Fuji avait également augmenter certains prix, tout en supprimant de nombreuses références de leurs catalogue, là ouKodak cherche plutôt à proposer de nouvelles formulation d’ancienne émulsion, comme la Tmax 3200 ou plus récemment, l’Ektachrome.

Officiellement, Kodak augmente ses tarifs pour faire face à une demande grandissante en film : La production de Kodak aurait doublé entre 2015 et 2019. On pourrait penser que cette hausse de la demande devrait, au contraire, faire baisser les prix, mais ça n’est pas si simple.

En effet, Kodak est un colosse au pied d’argile, et l’organisation tentaculaire de l’entreprise à base de holdings et de marque de licencing ne facile pas la lecture du tableau : Depuis 5 ans, Kodak cherche de l’argent pour se réorganiser.

Après sa déclaration en faillite en 2012, la plus grande partie des usines kodak sont détruites, ne reste aujourd’hui que l’usine historique. La production de film a également grandement changé, et les ligne de production de Kodak, prévu au départ pour tourner 24h/24, ne sont pas adapté au marché de niche actuelle, et ne sont pas très rentable, nécessitant de gâcher beaucoup de matière première à chaque arrêt et redémarrage.

On peut supposer que, pour créer du film photo, Kodak fasse tourner sont usine à plein régime pour produire un grand nombre de film, qui sont ensuite écoulé petit à petit. Cela explique les retards de livraison et l’approvisionnement en dents de scie dont nous sommes souvent victime en Europe. Les hausses de coût serviraient donc à financer la réorganisation de ces lignes de productions pour les adapter au marché actuel.

Si tu fais attention, tu remarqueras que les films qui ont le moins augmenté viennent de petites compagnies (Foma, Adox) qui travaillent sur des lignes de production beaucoup plus petites (en général récupérer dans d’ancienne usine d’ilford) qui servaient au départ à tester des petit lot pour de la recherche de nouvelle émulsion : Ils sont donc beaucoup plus adapté à la production pour le marché actuel.

Cependant, d’autres facteurs entre en compte et ne concerne pas uniquement Kodak, mais tous les fabricants de film. Récemment, FujiFilm a annoncé la fin de la production de la Pro 400H, un film pourtant très populaire chez de nombreux photographes et professionnels. La raison ? Une ressource essentielle à la fabrication de l’émulsion qui se raréfie, et que le fabricant japonais ne parvient plus à se procurer à prix raisonnable pour assurer la production du film.C’est une autre facette dont on parle moins, mais la production de film nécessite de nombreuse matière première, fossiles, minérales et chimiques, qui, elles aussi ne sont pas éternelle, et donc le coût ne fait qu’augmenter. Le prix de l’argent métallique, notamment, à presque doublé en 5 ans. et sans Argent, pas d’argentique !De plus, avec les évènement de 2021, nombreuses sont les chaines de productions qui ont été perturbées, et pas uniquement dans la photo argentique. Le domaine de l’informatique est également très touché, avec une pénurie mondiale qui affecte la production de nombreux appareils, y compris les smartphone et les voitures. La production de film est un procédé complexe, qui demande de nombreuses ressources différentes : Pétrole pour la base de l’émulsion, métaux, produits chimiques… La raréfaction de ces ressources a forcément un impact, non seulement sur notre film bien aimé, mes aussi sur l’ensemble des production mondiale (mais c’est un autre sujet). A moins de gros effort en recherche et développement de la part de l’ensemble de l’industrie du film pour trouver des solutions alternatives aux ressources utilisées actuellement, il y a fort à parier que les tarifs continuent d’augmenter sur les émulsions en production. La recherche et développement coutant également très cher, les prix ne sont de toute façon pas prêt de redescendre.

Positivons !

Concernant les appareils, même s’ils ont beaucoup augmenté, le rapport qualité prix reste, pour la plupart, honnête (si on exclu les boitiers victimes de la terrible hype des réseaux), surtout mis en relation avec ce qu’on trouve en numérique pour le même tarif. Concernant le moyen format, même constat, ça reste nettement moins cher de faire du moyen format en argentique qu’en numérique, où le ticket d’entrer reste autour de 10.000€ : Même en achetant un Pentax 6×7, on peut shooter un bon nombre de rouleau de Portra avant d’atteindre cette dépense (environ 775 rouleaux, soit 7750 photo, si on paye l’appareil 1000€. Oui, j’ai fait ça de tête)

récemment, la plupart des fabricants de film (qui savent que si les appareils se vendent trop cher, leur buisines est menacé à moyen terme faute de nouveau client) ont annoncées des appareil « rechargeable » : En gros, des jetables ++, avec très peu de fonctionnalité, mais qui sont abodables et peuvent peut-être permettre aux plus jeunes de faire l’expérience de l’argentique. Si cette tendance se développe vers la création de « vrai » appareil photo, avec des réglages d’exposition basiques, tout en restant abordable, cela pourra peut-être faire exploser la bulle de la monté des prix des appareil historiques sur le marché de l’occasion

Concernant les pellicules, il n’y a malheureusement pas grand chose que nous puissions faire à notre échelle de consommateur à part subir les augmentation, et espérer que ce soit pour le mieux : Que les fabricants planchent réellement sur des restructurations de leurs usines, et d’émulsion nouvelle, en accord avec les régulations environnementale de plus en plus nombreuses, et tourné vers des ressources nouvelles. Je n’ai personnellement pas la connaissance technique pour développer ce sujet, mais ce serait intéressant à creuser à l’avenir.

Gardons cependant en tête que nombreuses sont les entreprises jeunes qui travaillent sur ces questions, notamment en Europe, ne restent plus.

Nous sommes pour moi à un tournant du marché de l’argentique, et les évènement de l’année passés ont fait émerger de nouvelles difficulté dans un marché qui reste en expansion : Il ne faudrait pas que la monté des prix fasse trop baisser le nombre de nouveau venu dans le monde de l’argentique, ce qui causerait problème pour le développement de nombreuse jeunes entreprises qui se sont lancé sur ce créneau, avec très souvent de très bonne idées en assurer la pérennité.

Voilà, j’espère que tu aura apprécié cette vidéo, je suis très curieux d’avoir ton avis sur tout ça dans les commentaire ; Encore une fois, je voulais surtout lancer le débat à partir de mes réflexions personnelle, je n’ai pas de contact privilégié pour expliciter la situation actuelle.

Si tu veux soutenir une jeune entreprise de l’argentique, tu peux aller checker la Box Argentique, une box photo qui te propose de découvrir de nouveaux film tous les deux mois !

Moi je te dis, à la prochaine, et d’ici là, bonne photo !

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